Ces derniers temps, je me sens en pleine mue.
Quelque chose en moi se transforme, doucement mais profondément.
Moi qui ai longtemps cherché du sens, je me suis plongée corps et âme dans des pratiques comme le yoga et la respiration, la méditation. J’ai toujours eu la conviction qu’il existe quelque chose de plus grand, sans jamais vouloir le relier à une religion ou à un cadre spirituel particulier.
Et peut-être ai-je cru, sans trop m’interroger, à certaines idées selon lesquelles nous ne serions pas ce corps, ni ce mental, mais autre chose au-delà.
J’étais portée par une quête spirituelle dont je croyais qu’elle me sauverait des souffrances que la Vie inflige.
Je cherchais la paix, la vérité, quelque chose qui dépasse le tumulte du quotidien.
Ces paroles, ces idées, ces pratiques m’ont accompagnée longtemps.
Elles m’ont aidée à prendre du recul, à apaiser certains attachements, à explorer d’autres dimensions de l’être.
Mais aujourd’hui, je ressens le besoin de réviser tout cela, non pas pour le rejeter, mais pour le regarder autrement.
Et si tout cela venait de la peur de la mort ?
Je crois que beaucoup de ces enseignements naissent de notre peur profonde de la mort — de notre finitude.
Nous cherchons à travers la spiritualité, la connaissance ou la pratique à apprivoiser cette peur, à donner du sens à ce que nous vivons, à croire que quelque chose de nous perdurera.
Mais aujourd’hui, j’en viens à me dire que je suis le corps, le mental, et l’âme. En tout cas, j’ai un corps, un mental et une âme qui font qui je suis.
Tout cela fait partie de moi.
Et que le jour où je disparaîtrai, mon corps, mon mental et mon âme disparaîtront aussi.
Ce qui restera, c’est le souvenir de moi dans le cœur de celles et ceux qui m’ont connue — dans un regard, une parole, un souffle, une empreinte subtile laissée quelque part dans la mémoire du vivant.
Et cela me semble déjà beau et suffisant.
Je ne détiens aucune vérité
Je ne détiens aucune vérité.
Je peux seulement avancer selon les croyances qui m’animent aujourd’hui, en sachant qu’elles aussi évolueront, se transformeront, mueront au fil du temps et des expériences de la vie.
Ce que je sens juste maintenant, c’est d’honorer pleinement mon humanité :
mon souffle, mes émotions, ma chair, mes pensées, ma lumière et mes ombres.
Tout cela fait partie de l’expérience d’être en vie.
Et peut-être que le vrai chemin spirituel, c’est simplement celui-là :
ne plus chercher à s’élever au-dessus de la vie,
mais choisir de l’habiter pleinement.
Traverser la mue
Vivre ce passage n’a rien de confortable.
Tout ce à quoi je croyais, tout ce à quoi je me suis accrochée, s’effrite, se déconstruit.
Il y a des moments de vide, de perte de repères, d’inconfort.
Et pourtant… c’est aussi merveilleux.
Car dans cet espace nu, je sens la vie circuler en moi comme jamais auparavant.
Je ressens sa chaleur, sa densité, sa vibration.
Je me découvre plus vivante, plus présente, plus libre que je ne l’ai jamais été.
C’est peut-être cela, la vraie mue :
laisser mourir ce qui était pour mieux ressentir la joie pure d’exister.
Et toi… comment résonnent ces mots en toi ?
Traverses-tu, toi aussi, une mue intérieure — visible ou invisible ?
Nous sommes peut-être nombreuses à laisser derrière nous ce qui n’a plus lieu d’être,
pour mieux nous retrouver, vivantes, entières, et profondément humaines.
Avec douceur et tendresse



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