Hommage à Pankaj Saini

Quand un maître s’en va – Lettre à Pankaj

Il y a quelques jours, j’ai ouvert ma boîte mail comme on ouvre une porte familière.
Deux messages m’attendaient. Le premier, un cadeau : le replay d’une masterclass que j’avais tant désirée suivre.
Le second, une déchirure : l’annonce de ton départ.

Ton cœur s’est arrêté ce vendredi matin.
Tu es parti comme un roi, sans souffrir, nous disent-ils.
Et pourtant… pour nous, c’est un vide immense.

Je ne t’ai pas connu personnellement.
Je n’ai pas croisé ton regard ni reçu directement ton enseignement.
Mais j’ai ressenti ta présence à travers ton travail, ta voix, la profondeur qui habitait tout ce que tu partageais.
Tu avais ce souffle de l’Inde dans le sang, comme un fleuve ancien, et tu l’offrais avec simplicité, avec générosité.

Tu étais yoga.
Pas seulement par ta pratique, mais par ton être.

Ton départ est venu fissurer quelque chose en moi.
Moi qui vis sainement, qui respire, qui m’aligne chaque jour en croyant presque inconsciemment que cela me donnerait plus de temps…
ta mort m’a rappelé que nous ne savons rien de la durée.

La vie peut s’interrompre, même au cœur de la discipline, même au cœur du souffle.
On ne choisit pas l’heure.
On ne retarde pas l’appel.

Et je reste là, démunie, à regarder mes certitudes s’évaporer comme une brume.

Mais dans ce vertige, tu m’offres encore un enseignement.
Celui de vivre non pas pour repousser la mort,
mais pour habiter pleinement la vie.

Prendre soin de soi, respirer, méditer, se nourrir avec conscience…
ce n’est pas pour ajouter des années à nos jours,
mais pour mettre de la lumière, de la vérité et de la beauté dans les jours que nous avons.

Alors merci, Pankaj.
Merci pour ce rappel brutal et précieux.
Merci pour la trace que tu laisses, et pour l’élan que tu sèmes encore.

Tu es une étoile.
Tu es une comète.
Ton souffle continue de vivre à travers nous, à travers ceux et celles qui ont le bonheur de te rencontrer

Et peut-être est-ce là, ton plus bel héritage :
nous inviter à honorer la vie, chaque jour,
comme un présent fragile et sacré…

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