La Culpabilité

Depuis longtemps , elle m’habite … toujours peut-être car je suis née à une époque et dans une civilisation dont la culpabilité est un socle fondateur; 

Le poids de l’histoire, des religions même lorsque tu en as aucune. 

C’est un fait aussi longtemps que l’on ne le remet pas en question.

Elle s’est faite de plus en plus entendre avec la guerre aux portes de l’Europe. Peut-être même un peu avant au détour d’une lecture ou d’une publication entendue ici ou là. Je ne me souviens plus vraiment.

Comme elle perdure assez longtemps pour en être interpellée, j’ai décidé de lui consacrer ce texte. 

À toi culpabilité, ce poids inutile

Inutile ?

Alors que je baladais en compagnie de Maya et de la culpabilité, cette idée m’a traversée : 

Et si la culpabilité avait aussi des bienfaits ? 

Quels seraient-ils ? 

Je crois qu’elle me protège en me mettant des limites 

Je crois qu’elle cultive ce que je perçois comme le bien.

Je crois qu’elle alimente un mieux vivre ensemble .

Un frein immense à notre épanouissement ?

Mais elle génère aussi , et c’est le propos de ce qui va suivre un frein immense à mon épanouissement surtout quand elle s’invite en poussant les jugements réprobateurs toujours plus loin. 

Je vous disais qu’elle est apparue un peu plus fort au moment où la guerre a été déclarée. 

Je me suis sentie coupable de vivre dans un endroit encore protégé des folies des hommes qui n’ont pas la mémoire des dégâts que produisent les guerres.

Je me suis sentie coupable de ressentir du plaisir, de la joie même alors que d’autres souffrent.

Je me suis sentie coupable de ne pas savoir faire de choix entre deux peuples qui souffrent de la décision d’un homme (et d’un système dont nous faisons partie). 

Je me suis sentie coupable de ne pas faire comme ces familles qui décident d’accueillir des réfugiés chez eux, privilégiant mon confort personnel.

Je me suis sentie coupable de préférer éteindre les sources d’informations plutôt que de regarder une (certaine) vérité en face qui m’accable.

Quoi que je fasse, je me suis sentie coupable. 

Que faire de la culpabilité ?

La culpabilité je l’ai longtemps mangée, m’empêchant ainsi de ressentir l’inconfort qu’elle créait dans mon corps, cette forme d’étau au niveau de ma poitrine, ce serrement dans la gorge, cette boule dans mon plexus. 

Je me suis longtemps sentie coupable

  • De ne pas faire assez par rapport à ce que je pensais qu’on attendait de moi à l’école ,à la maison, en société
  • de dire des mots dont je pouvais voir les blessures qu’ils pouvaient engendrer
  • d’être celle qui est arrivée après la mort de ma grand-mère 
  • d’avoir pris de la place dans la vie de ma sœur
  • de ne pas toujours répondre aux attentes implicites de mon entourage

et j’en passe

Mon dieu, la liste pourrait être sans fin tant et aussi longtemps que je ne me suis pas permise de la vivre pleinement

La ressentir, mais aussi observer les pensées qui lui sont rattachées, sans les juger. Sans réagir , sans fuir par une distraction quelconque. Être avec comme avec une personne qui me dérange mais que je souhaite de tout mon cœur accueillir car peut-être je me trompe à son sujet, ne regardant qu’en surface.

Est-elle vraiment utile cette culpabilité? 

Suis-je vraiment coupable ou est-ce simplement l’aboutissement d’une éducation, d’une expérience, d’une croyance ? 

En la regardant de plus prêt, cette culpabilité qui m’habite, je me suis rendue compte que j’avais le choix :

  • celui de lui laisser de plus en plus de place jusqu’à en être paralysée , c’est-à-dire prendre les commandes de ma vie
  • celui de l’ignorer, et ne faire ainsi que la renforcer
  • celui de la prendre en compte pour ce qu’elle est : une émotion, un sentiment qui me montre mon besoin de me sentir à la hauteur de celle que je crois être.

Ne fait-elle pas partie de notre humanité? N’est-elle pas le tampon nécessaire à nos pulsions?

II ne s’agit pas, aujourd’hui pour moi de la faire disparaître, mais plutôt de ne pas lui laisser le pouvoir de diriger ma vie en n’écoutant pas ce qu »elle m’exprime. 

S’alléger du Poids de la culpabilité

L’observer, discuter avec elle, la ressentir dans mon corps (la ressentir est bien souvent suffisant pour la reconnaître) , c’est lui permettre d’exister. C’est la reconnaître sans bloquer la libre circulation de son énergie. 

Alors son poids s’allège, des griffes deviennent moins acerbes. 

Avec elle , j’ai pu regarder combien cette situation dont je n’ai aucune prise m’affecte. Parle-t-elle de mon empathie ? 

Avec elle, j’ai pu poser des actes qui sont faisables et accueillir que d’autres font autrement.  Parle-t-elle de ma résilience et de mes limites ?

Avec elle, j’ai pu cohabiter pour vivre ce qui est présent à cet instant en moi.  Parle-t-elle de ma capacité d’ouverture ?

La culpabilité est passagère

La culpabilité à cet instant est un passage , une étape qui fait partie de mon chemin d’évolution. 

Et je peux constater combien j’ai progressé. 

Une autre culpabilité qui nous rend service

Être vraiment coupable, c’est lorsqu’on fait des gestes répréhensibles qui mettent en péril la vie d’autrui avec l’intention de nuire ou en étant dans l’inconscience du mal que nos gestes peuvent produire. C’est condamnable et peut-être jugé… par le tribunal des Hommes.

Le dictionnaire donne ce sens : fautif, coupable d’un délit, d’une crime, condamnable, blâmable.

La culpabilité à défaire

Mais la culpabilité , telle que beaucoup d’entre nous pouvons la ressentir au quotidien, quand par exemple, on s’est laissé tenté par cette part de gâteaux alors que notre tête nous dit : non ce n’est pas bien, pour avoir fait un écart dans son régime, pour  n’avoir pas tenu sa routine ou son engagement vis à vis de soi ou de l’autre.

Toutes ces fois , et elles peuvent être nombreuses, où l’image que l’on se fait de soi est chahutée par les actions contradictoires que nous menons. 

C’est celle-ci qu’il est bon de repérer pour éviter d’y succomber et de la nourrir car elle nous éloigne de la Joie de vivre qui est elle l’émotion qui nous dit que nous sommes à sa place. 

Se sentir coupable dans ce cas, n’a jamais aidé quiconque, soi comme l’autre. Agir à partir de la culpabilité génère plus de frustrations que de satisfactions. 

Elle est alors un sentiment qui nous rétrécit de l’intérieur plutôt qu’elle nous autorise l’expansion.

Nourrir l’amour de Soi

Je ne connais qu’un antidote à la culpabilité, comme à toutes ces émotions dont on voudrait ne jamais avoir à souffrir.

C’est l’Amour. L’Amour inconditionnel. Celui à partir duquel , on s’autorise à ressentir l’émotion pleinement, à la laisser circuler au gré de notre souffle de Vie, 

Cela suppose de s’accueillir pleinement quoi que l’on ressente, quoi que l’on éprouve au cœur de soi. Cela demande notre pleine présence à ce qui est sans jugement.

À partir de là, l’énergie lourde d’une telle émotion se dissipe, se dilue dans notre corps pour laisser à l’énergie de Vie de se renouveler . 

C’est vrai que cela peut prendre un certain temps et davantage de notre attention. Mais ce temps se réduit quand on invite l’Amour inconditionnel dans la vie. Et si on veut vivre avec plus de douceur, de légèreté, de joie, on ne peut faire l’impasse de vivre ce qui est. 

La paix que je vise avec mon âme ne peut naître qu’au cœur de mon être. Qu’au cœur de chacun d’entre nous.

Et c’est en allant à la rencontre de nos conflits voire de nos guerres intérieures, c’est en faisant un travail parfois de longue haleine pour panser les blessures qu’ils ont causées, que nous pouvons laisser émerger un sentiment d’apaisement. 

Ainsi nous contribuons au monde autrement et peut-être, j’ose l’espérer, bien plus puissamment que n’importe quelle bombe. 

C’est je crois, ce qu’est venu m’enseigner et me confirmer cette culpabilité. Qu’elle en soit remerciée. 🙏

Aller plus loin 
La culpabilité est un poids que vous désirez  enlever ? Ou d’autres émotions qui vous font ressentir de la lourdeur de vivre ? Vous vous sentez dans une guerre intérieure ?

Et vous souhaitez aller plus loin pour vous libérer et vivre plus légère ?

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